

MÉMOIRE DES MATIÈRES
Julien Lacoux, connu sous le nom d’artiste Jules,
s’affirme dans la peinture abstraite comme un explorateur des métamorphoses.
Après un cheminement artistique marqué par la musique, la photographie et le design, il trouve dans la toile
un espace où gestes, matières et couleurs dialoguent
et se confrontent, pour révéler des territoires sensibles empreints de profondeur et de poésie.
Jules construit son œuvre dans l’épaisseur :
enduits, plâtre, sable ou pigments amorcent le terrain, dessinant des surfaces accidentées qui résistent autant qu’elles inspirent. La spatule creuse, le couteau effleure,
le pinceau caresse ; peu à peu la peinture s’étend,
prend corps et fait résonner la matière brute.
Au cœur de cette pratique, le temps n’est pas une idée abstraite mais une substance vivante. Jules en révèle l’empreinte — ce qui s’efface, ce qui persiste, ce qui renaît.
Ses toiles captent l’instant fragile où la nature retient
son souffle : le crépuscule, l’aube, la menace d’une tempête imminente. Elles oscillent entre ombre et lumière, chaos et équilibre, et ouvrent au spectateur un espace
de respiration.
Sa peinture ne cherche pas à tout dire : elle s’attarde
dans le silence, dans les zones de suspension où le regard peut s’égarer. Elle invite à une contemplation lente,
à une immersion où chaque fin devient déjà
un commencement. En ce sens, l’œuvre de Jules s’impose comme une traversée : une expérience où le temps
se fait matière et où l’attente, loin d’être vide, invite l’imaginaire du spectateur à se déployer.

